News Business....7J/7
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Pourquoi le Venezuela menace de ne plus vendre de pétrole aux Etats-Unis

Rédigé le 30 Novembre 2017 à 07:09 | Lu 68 fois

Nicolàs Maduro joue les matadors et défie les Américains. Si Caracas devait cesser de vendre du brut à Washington, il pourrait l’écouler à la Russie et à la Chine. Ce qui lui permettrait de se désendetter.



Nicolàs Maduro veut fermer le robinet de pétrole aux États-Unis. Le président vénézuélien l’a dit hier soir devant les employés de la compagnie publique PDVSA (Petroleos de Venezuela SA). Mâtiné d’accents populistes, son discours s’inscrit dans le cadre du climat de tension qui règne depuis plusieurs mois entre les deux pays.

Au bord du chaos, Caracas accuse les États-Unis de mener contre lui une "persécution financière". Washington a interdit à ses banques et à ses citoyens d'acheter de nouvelles obligations venant du Venezuela et de négocier des accords. Un coup dur pour le pays et PDVSA qui ont tous deux été déclarés en défaut partiel de paiement par les agences de notation.

Hier soir, Maduro a donc répliqué en interpellant directement son homologue américain : "Monsieur le président Donald Trump: vous décidez, mon ami. Si vous voulez que nous continuions à vendre du pétrole, nous vendons. Si un jour vous vous laissez chauffer les oreilles par les fous extrémistes de droite, le Venezuela prend ses bateaux et envoie son pétrole dans le monde et on le vend de la même manière". Le successeur d’Hugo Chavez a été acclamé à tout rompre par les centaines de salariés de PDVSA.

Son propos est pourtant totalement hors-sol. Ses rodomontades font penser à celles du porte-parole de Saddam Hussein pendant la seconde guerre du Golfe en 2003. Souvenez-vous, alors que les troupes de Georges W. Bush fonçaient droit sur Bagdad, le factotum du dictateur assurait, comme si de rien n’était, que la situation était sous contrôle... Les États-Unis sont certes le premier importateur de brut du Venezuela (750.000 barils par jour). Mais Washington qui produit quotidiennement plus dix millions de barils peut aisément se passer de cet apport. Grâce notamment à sa production de pétrole de schiste (5 millions de barils/jour) qui ne cesse de grossir.

Le Venezuela contraint d'importer... de l'essence

Au Venezuela, c’est le contraire. Le secteur des hydrocarbures a été broyé par la révolution bolivarienne d’Hugo Chavez. Un comble quand on sait que Caracas dispose des premières réserves mondiales de brut de la planète. Entre 2010 et 2014, quand le brent était au plus haut, le pays était considéré comme un eldorado. Mais la compagnie nationale PDVSA a été gérée en dépit du bon sens (l’effectif a été multiplié par trois alors que la production a diminué d’un tiers). Minée par une corruption endémique, elle a omis de moderniser ses infrastructures.

Cette inconséquence a rejailli sur les pétroles lourds de la région de l’Orénoque qui nécessitent de gros investissements. Ces huiles devant impérativement être diluées par du brut léger, Caracas n’a eu d’autres solutions que d’en importer ainsi que des produits raffinés. Aujourd’hui, le pays manque de gaz domestique et les Vénézuéliens se sont remis à la cuisine … au feu de bois. Aux stations essence, les files d’attente s’allongent alors que le carburant est quasi gratuit (un litre de sans-plomb coûte 6 bolivars soit 0,001 dollar au cours officiel). Un député de l’opposition a estimé les dépenses pour la seule importation d’essence à 9 milliards de dollars depuis 2011.

À 1,9 million de barils/jour, la production de brut du Venezuela est tombée à son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans. Et dire que Chavez et Maduro juraient que le pays atteindrait rapidement une production de 5 millions de barils/jours. Le destin du Venezuela dépend maintenant de ses deux premiers créditeurs, la Chine et la Russie. Caracas est exposé à hauteur d’environ 50 milliards de dollars vis-à-vis de ces deux pays. Et une partie de la dette est remboursable en pétrole. C’est là que l’éventuelle rupture commerciale avec les États-Unis a peut-être du sens. Si Caracas cesse de vendre son or noir à Washington, il l’écoulera sans problème à Moscou et à Pékin. Et on le sait, qui paie ses dettes s’enrichit… Même si dans le cas du Venezuela, le dicton a un petit arrière-goût doux-amer…

challenges.fr

Notez
Rédigé le 30 Novembre 2017 à 07:09 | Lu 68 fois




Dans la même rubrique :
< >

Opinion | Le Conseil européen | France - Politique | Paris | Vide1 | Royaume Uni - Economie | France - Economie | Union Européenne | Vide 4 | Italie - Politique | Vide | Innovation | France - Culture | Royaume Uni | France - Société | France - Médias | Infos Plus | France - Innovation | News Showbiz | France - Entreprise | Débat / Réflexion | France - Finance | France - Immobilier | Article Sponsorisé | France - Transport | Parténariats | Nos Services | Voyages | France - Faits Divers | High Tech | Informatique | France - Sport | Science Tech | France - Automobile | Mobile | France - Scandale | France - Sondage | Automobile | Bourse | Redaction | Investissement | Buzz sur le net | Succès Story | Télécom | Femme Actuelle | Archive | Economie Internationale | Economie - Pays Européen | Transport | News People | Interview | Allemagne | La Chine | Economie Africaine | Réseaux sociaux | Economie - Européenne | Hommes Leaders | Internet | Sport International | Nutrition | Etats Unis | Monaco | Canada | Vide 3 | Immobilier | Banques | Portrait | News International | Showbiz Scandale



Twitter
Facebook
Mobile
Rss
YouTube






Inscription à la newsletter